21 000 sangliers tués officiellement dans le Gard PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Attilio Gandi   
Vendredi, 21 Août 2009 14:20

21.350 sangliers environ ont été tués officiellement dans le département du Gard pour la saison 2011-2012, contre 16.850 durant la saison 2004-2005 (source : « La chasse en pays gardois », organe officiel de la Fédération).
Sans compter ceux tués sur les routes par les voitures et camions, ainsi que ceux de plus en plus nombreux tués par les braconniers.


Ce qui porte le nombre de bêtes tuées entre 25.000 et 30.000. Devant une telle masse de viande, ce qui était à l’origine une simple passion est devenu une source de profits non négligeables, et va permettre aux chasseurs de sangliers en battue d’amortir leurs frais généraux tout en apportant un complément d’activité à différentes professions : armuriers, vétérinaires, alimentation pour chiens, grainetiers, garagistes pour la vente et l’entretien de véhicules 4x4 (souvent énormes et circulant à toute allure). Par leurs va-et-vient répétés, ces 4x4 dévastent pistes forestières, chemins communaux et privés en toute illégalité. Sans parler du portable à l'oreille en conduisant, et de l'arme posée sur le siège passager, prête à être utilisée !!!


Comment ne pas s’étonner de voir à la vente, presque officiellement, de la venaison provenant de bêtes poursuivies souvent jusqu’à épuisement, donc bourrées de toxines. Elles sont tuées par des armes d’un calibre exagéré, avec des balles expansives qui mélangent la peau souvent sale de boue, les os, le sang et les viscères. Pour couronner le tout, ces bêtes sont transportées sur les mêmes "pick-up" qui servent à transporter les chiens, parfois pendant des heures.

Tout cela, bien entendu, sans aucun contrôle vétérinaire.
Le boucher officiel qui travaillerait de cette façon irait infailliblement au devant des pires ennuis.

En dehors de la chasse en battue - que je déteste particulièrement car elle est responsable de grandes souffrances envers les animaux -, il existe deux autres façons de chasser le grand gibier : le tir à l'approche et le tir à l'affût. C'est celle que je pratique toujours seul et sans chien. Elle nécessite une grande connaissance de la nature et du gibier ; elle permet de tirer un animal presque toujours arrêté et de le foudroyer avec une balle du plus petit calibre autorisé, pour l'atteindre dans une des trois parties infailliblement mortelles. Le tireur honnête s'abstiendra s'il n'est pas à peu près certain du résultat. Depuis peu il existe aussi la chasse à l'arc , encore très confidentielle car elle exige des qualités physiques et morales exceptionnelles.

Les résultats obtenus

Il est impossible d’énumérer tous les dégâts causés par les sangliers tellement ils sont nombreux et variés :

les dégâts aux cultures qui sont plus ou moins (plutôt mal que bien) indemnisés par la Fédération

les dégâts causés aux voitures

etc...

Les dégâts sur la truffe

Depuis maintenant bientôt 80 ans qu'avec mes parents nous avons été agriculteurs dans le département du Gard, presque toutes les cultures d’autrefois ont disparu ou connaissent de grosses difficultés. Seule la truffe a conservé un prix moyen très intéressant, lorsque sa culture est bien réussie (ce qui n’est pas toujours évident).

C’est pour cela que de nombreux propriétaires agricoles, même de petits terrains, ont tenté de planter de quelques plants à plusieurs hectares dans l’espoir d’en tirer un revenu pour améliorer une retraite souvent dérisoire.

Conscients de l’énorme potentiel que représentent les 3 variétés de truffes  (mélanosporum, brumale et aestivum, les pouvoirs publics, l’Etat, les Régions, les Départements et peut être bientôt l’Europe, ont lancé de vastes programmes d’aide aux plantations et - la culture de la truffe étant une des plus difficiles et aléatoires qui soient - de vastes programmes de recherche très coûteux qui commencent à donner de bons résultats.

La truffe en danger

Malheureusement, pratiquement dans tous les secteurs du département, les plantations subissent, parfois dès la première année, des dégâts énormes qui réduisent à néant les efforts de plusieurs dizaines d’années, et de milliers de planteurs qui n’ont pas pu ou su protéger à temps leurs plantations. Des truffières détruites à plusieurs reprises sont rendues définitivement stériles.

Les truffières sauvages, quant à elles, peuvent être très difficiles à  protéger à cause de leur dispersion et, souvent de leur situation sur les terrains communaux. Elles sont donc régulièrement dévastées, ce qui entraîne des pertes financières énormes qui ne pourront jamais être calculées, même approximativement.

La trufficulture est l’une des rarissimes récoltes, peut-être même la seule, à ne pas être indemnisée, mais la Fédération, soutenue par un certain nombre de chasseurs de sangliers en battue, s’en moque complètement.

Elle ne fournit en guise de protection qu’un matériel qui pourrait éventuellement être efficace contre 4 ou 5 sangliers, mais qui (à part les électrificateurs qui sont excellents) s’avère parfaitement dérisoire contre des sangliers qui se déplacent maintenant en hardes de 20 à 30 bêtes, dont certaines pèsent jusqu’à 120 ou 130 kg.

Les chasseurs s'accaparent 3 jours sur 7 (quand ce n'est pas 5 sur 7 pour certains) l'espace naturel et les chemins de randonnée au détriment des promeneurs et de leurs familles.

Rares sont les maires qui osent demander une location même minime pour leur bois communaux, qui sont souvent d'une étendue de plusieurs milliers d'hectares et dont la location cumulée sur plusieurs dizaines d'années aurait fini par atteindre des sommes considérables, définitivement perdues pour tout le monde sauf pour les chasseurs.


Mise à jour le Samedi, 11 Mai 2013 15:51